Le Garçon et la Ville qui ne Souriait Plus, David Bry
Publié en janvier 2019 aux éditions Lynks
362 pages

J’ai lu ce livre un peu par hasard, parce qu’il m’avait été recommandé. En effet, je ne me serais pas dirigé naturellement vers celui-ci :

  • Il ne s’agit ni de fantastique, ni de fantasy, mais bien d’uchronie (plutôt dystopique sur les bords).
  • La couverture ne m’a pas vraiment vendu du rêve. J’aime assez l’illustration mais je suis moins fan de la mise en page et de la typographie.

Malgré tout, le sujet abordé dans ce roman m’a attiré et je me suis donc lancé dans cette lecture.

Résumé

– Résumé officiel –

Romain est un jeune garçon de 15 ans qui vit dans le Paris du XIXème siècle. Dans ce récit, l’Eglise de la Norme a mis en place des lois qui forcent les Anormaux à vivre entre eux à la Cour des Miracles, sur l’Ile de la Cité. On considère comme Anormale toute personne souffrant de handicap physique ou mental, ou encore coupable de prétendues déviances en tous genres.

Un jour, Romain découvre un complot visant à se débarrasser une bonne fois pour toutes des Anormaux. Il va alors se lancer à la rescousse de ces personnes qu’il ne connaît pas mais auxquelles il se sent malgré tout lié.

Un thème important

Malgré un début un peu lent, Le garçon et la ville qui ne souriait plus est un roman agréable à suivre. Le postulat de base est très intéressant puisque le monde dystopique dans lequel évoluent les différents personnages ne paraît pas aussi improbable qu’il ne le devrait. Il est assez facile d’imaginer que les faits dépeints dans ce roman aient pu se produire dans le passé. Ou qu’ils pourraient se produire dans le futur. Il me semble très important d’aborder ce type de problématiques dans un roman jeunesse afin de sensibiliser un peu les adultes de demain.

Le sujet est d’ailleurs assez bien traité. Tout au long de l’histoire, la majorité des gens accepte la situation (sans nécessairement l’approuver). Il est bien plus facile d’accepter les choses en se convaincant qu’on ne peut rien faire que de se battre pour faire changer les choses. C’est ce que roman démontre avec brio.

Un récit immersif

Un autre détail important est l’immersivité du roman. (Il semblerait que ce mot n’existe pas mais il fonctionne quand même vachement bien). Celle-ci repose en large partie sur le vocabulaire utilisé par les habitants de la Cour des Miracles. N’ayant pas accès au même niveau d’éducation que le reste de la population, ils ont développé un vocabulaire bien à eux (associé à une grammaire assez approximative). En mettant en place ce type de langage, David Bry réussit à nous faire rentrer de manière plus efficace dans le quotidien des Anormaux.

Le revers de la médaille est bien sûr que cela réduit un peu la lisibilité de certains dialogues. L’auteur met à notre disposition un lexique du parler de la Cour des Miracles en fin de roman, mais les aller-retours vers ce lexique empêchent de profiter pleinement de la lecture. D’autant plus que certains des termes utilisés n’y figurent pas.

Pour cette raison, ainsi que pour la première partie du roman un peu trop lente à mon goût, j’émets quelques réserves sur cette lecture. Mais il s’agit bien évidemment d’un goût personnel, et cela n’enlève rien aux mérites de ce roman.

Note globale : 14/20